Un Palestinien et un Israélien : ensemble pour la paix
Je viens d’entendre, ému, sur France Inter ce dialogue entre deux personnes qui « devraient » être des ennemies, mais qui, transformées par l’empathie, se reconnaissent comme des frères. Il s’agit d’Aziz Abu Sarah, âgé de 46 ans, militant palestinien pour la paix, formateur dans la résolution des conflits, et Maoz Inon, âgé de 51 ans.
“J’ai perdu mes parents le 7-Octobre, j’ai perdu des amis d’enfance, j’ai perdu des gens que j’ai connus toute ma vie, mais je t’ai gagné toi, comme frère, merci Aziz.” Maoz Inon, militant israélien pour la paix, explique que le Palestinien Aziz Abu Sarah lui a envoyé un message de condoléances après l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023. Depuis, les deux hommes œuvrent ensemble pour la paix entre leurs deux peuples, notamment via leur ONG InterAct International. Ils ont coécrit, au mois d’avril, La Paix est notre avenir. Un voyage de réconciliation en Terre sainte (L’arbre qui marche).
Le message d’Aziz Abu Sarah représente, pour Maoz Inon, “une main tendue qui m’avait sauvé de la noyade, d’une mer, d’un océan de douleur et de deuil”. Le Palestinien se souvient : “Quand Maoz a perdu ses parents, je n’ai pas pensé à lui en tant que l’autre, mais en tant qu’humain, un humain qui a perdu ses parents.” Lui a perdu son frère quand il avait 10 ans. “Cela m’a pris huit ans pour dépasser la peine et la haine, Maoz a pris seulement quelques jours”, souligne-t-il. “Plus nous perdons notre temps dans la tuerie, dans la destruction, dans la guerre, à Gaza, à Israël, en Iran, cela nous mènera nulle part, cela ne nous mènera pas vers la paix. Maoz a compris ça tout de suite, dès le début”, ajoute-t-il.
“La guerre est un cancer, la haine est un cancer et il faudrait y faire face”, assène Aziz Abu Sarah. “J’ai vécu plus de 20 guerres. Où sommes-nous après 20 guerres ? Je n’ai pas de liberté et lui, il n’a pas de sécurité”, fustige le militant palestinien pour la paix. Maoz Inon appelle à s’accorder sur “un avenir basé sur des valeurs communes qui viennent d’égalité et fraternité”, avec “la paix et la sécurité pour nous tous et chacun d’entre nous”.
Alors que les images des militants de la “Flotille pour Gaza” maltraiteé par les autorités israéliennes sous le regard complice et satisfait du ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir ont fait le tour du monde, Maoz Inon affirme que “ce que Ben Gvir et la police font contre les flottilles du monde entier, ils le font tous les jours aux prisonniers palestiniens dans les prisons, mais ça, on en parle beaucoup moins”. S’il parcourt l’Europe avec Aziz Abu Sarah, c’est notamment pour sensibiliser les occidentaux à ce sujet. Il demande aux pays européens de prendre des “sanctions puissantes et fortes contre qui que ce soit qui choisisse la force et la purification ethnique”.
José Arregi
Aizarna, le 22 mai 2026
www.josearregi.com
