Le risque majeur: l’extrême droite

Notre travail consiste à essayer d’être un point d’orientation. Il ne s’agit pas d’essayer d’avoir une position équilibrée, parce qu’il y a des questions sur lesquelles nous mettons clairement des mots sur ce qui se passe. Il est clair que nous devions être en mesure de dire, et nous avons maintenu, et nous avons eu raison de le faire, que le Rassemblement national était un parti d’extrême droite. Beaucoup de chercheurs, de journalistes, d’intellectuels, ont dit : « Oh non, c’est autre chose ». La réalité, c’est que non, dans cette campagne, il a été perçu comme tel. Il faut donc être ferme sur les mots et les concepts, et ne pas se laisser enfermer dans un faux équilibre qui dirait : « Oh, il faut être équidistant par rapport à ce qu’on appelle l’extrême gauche – et là-dessus, d’ailleurs, il y aurait beaucoup à dire – et ce qu’on appelle l’extrême droite ». Cette sorte d’équivalence entre les extrêmes… Le travail n’est pas de trouver un équilibre, mais de décrire les choses avec précision. Et en France et dans la plupart des pays européens aujourd’hui, il n’y a qu’un seul risque politique majeur, c’est l’extrême droite. Et il ne faut pas faire croire qu’il y a des risques politiques équivalents de l’autre côté. Ce n’est pas exact.

(Jérôme Fenoglio, rédacteur en chef du « Monde », dans une interview de Marc Bassets pour « El País », le 21 juillet 2024)

Traduit avec DeepL.com (version gratuite)